Elus , commerçants, touristes, gardiens d'immeubles... Tout le monde parle de sécurité à Saint-Denis. L'agression mortelle d'une pharmacienne en centre-ville et l'enchaînement de plusieurs agressions dans les quartiers du Franc-Moisin (notamment celles très médiatisées du patron du Franprix) et Floréal (lire ci-dessous) ont mis la sécurité au coeur de la campagne des municipales qui débute.
Il en sera encore question demain matin lors d'une manifestation des personnels de Plaine Commune Habitat à la préfecture et le soir lors du conseil municipal consacré aux orientations budgétaires, où la question de la vidéosurveillance devrait faire débat.
« Il règne dans la ville une totale impunité. » Ce constat de l'élu socialiste Georges Sali est assassin. Mais beaucoup le partagent, à commencer par les habitants. « Beaucoup n'osent plus sortir de chez eux », assure Evelyne Nicol, élue UMP. Houari Guermat, responsable local du MoDem, qui a organisé un rassemblement de soutien pour le gérant du Franprix et pour la pharmacienne mortellement blessée, dénonce également une « banalisation inquiétante de la délinquance » à Saint-Denis et s'inquiète « du départ des classes moyennes », avant de renvoyer dos à dos la municipalité et l'Etat. « La première nie complètement ce qui se passe et le second ne nous donne pas assez de moyens. » « On reste une des villes les plus insécures de France », admet pourtant Alain Laute, adjoint à la tranquillité publique (ancien PC aujourd'hui sans étiquette). Mais les communistes comme les Verts pointent d'abord la responsabilité de l'Etat, accusé « d'avoir délaissé la population de la ville ».
Les propositions des élus communistes. A leur actif, la création en 2003 d'une police municipale enfin étoffée. Elle compte 19 policiers (22 prévus en 2008) qui se relaient sur le terrain de 9 heures à 21 heures. Pour le prochain mandat, les communistes avancent des idées dans un document interne : mieux informer la population, organiser des rencontres entre elle et la police, rénover le commissariat central, développer les placements éducatifs et l'accompagnement des enfants en difficulté dès 14 ans, créer des correspondants de nuit dans le centre-ville, réclamer l'affectation de 500 policiers sur la circonscription (NDLR : ils sont environ 300 aujourd'hui) et la création d'une unité médico-judiciaire à l'hôpital Delafontaine...
Le PS et la droite réclament la vidéosurveillance. Dans ce document, la vidéosurveillance n'est pas abordée. L'UMP et l'UDF réclament son installation depuis longtemps. Le PS en fait une condition pour sa participation à une liste d'union de la gauche au premier tour des municipales. Une étude réalisée cette année à la demande de la municipalité préconise la mise en place de 31 caméras dans le centre-ville, au Franc-Moisin et dans les gares. Avec 15 recrutements à la clé et un investissement de 1,3 M € . « La plupart des élus de la majorité sont contre et l'expérimentation n'est pas budgetée pour 2008, déplore Alain Laute. C'est un outil intéressant, mais des freins sont réapparus, à quelques semaines des élections... » Le PS accuse ses alliés de dogmatisme. « A force de se voiler la face, l'insécurité peut nous faire perdre la ville », assure Georges Sali.